Comment être heureux quand il y a tant de souffrance dans le monde

 

Il n’y a pas très longtemps, j’ai demandé à Carl, un vieil homme sage, « Comment pourrais-je être heureux quand il y a tant de souffrance dans le monde ? »

Il réfléchit pendant un bref instant et répondit à ma question par une autre question, « Tu es donc en train de me dire que tant qu’il y a de la souffrance, tu ne mérites pas d’être heureux ? »

« Eh bien, je pourrais être heureux si je me contentais de rester dans ma petite bulle, mais sachant que nous nous entre-tuons et assassinons notre planète… Je veux dire, regarde ce qui se passe au Moyen-Orient ! »

Carl répondit alors, « Donc tant que la paix n’existera pas dans une région marquée par des milliers d’années de guerre, tu ne pourras jouir de la vie ? »

« Aïe ! Bon, ne devrais-je pas y faire QUELQUE CHOSE !??!?!? » répondis-je. « Que PUIS-je faire ? »

« Tu peux te focaliser sur ta mission ».

« Hein ? » demandai-je.

Il fit une pause et me demanda, « Ne penses-tu pas qu’il y a quelqu’un de mieux qualifié que toi pour créer la paix au Moyen-Orient ? Quelqu’un de formé aux résolutions de conflit, peut-être ? Ou un résident parfaitement initié à toutes les cultures et religions en guerre, ce qui n’est pas ton cas ? »

« Bon, ouais, je le suppose. »

« Et dont ce serait la mission, d’accord ? Voudrais-tu que ce pacificateur fasse ta mission ? »

« Plus on est, mieux c’est ! » répliquai-je.

Carl sourit et reprit, « Bien, c’est peut-être vrai, mais chaque âme a sa propre mission personnelle. Les pacificateurs ont leur mission, et ceux qui souffrent ont leur mission, aussi. »

« Houlà ! D’accord…Attends, je viens de me souvenir d’un passage du livre, ‘L’Ange d’Auschwitz’ qui parlait de ça ! »

« Raconte ».

« C’est l’histoire d’une femme qui, une fois mise sous hypnose, pouvait se rappeler sa vie passée d’enfant pendant l’Holocauste. Elle explique qu’elle pouvait communiquer avec un ange pendant qu’elle était dans le camp de concentration, et … »

« Elle se demandait, ‘Pourquoi cela m’arrive-t-il à moi ? » m’interrompit Carl.

« Oui, exactement ! » continuai-je, « L’ange parlait du chemin des âmes et disait que chaque âme souhaitait tout expérimenter. Au niveau de l’âme, il n’y a pas de jugement. Seul le mental juge que les choses sont bien ou mal, désirables ou repoussantes. La jeune fille se demandait donc naturellement, ‘Mais qui choisirait CE chemin ?’ et la réponse m’a terrassé : l’ange a dit, ‘Tu plaisantes ? Dès que la nouvelle s’est répandue qu’il allait y avoir un holocauste, les âmes se sont mises à faire la queue sur des kilomètres ! »

« C’est une réponse profonde », a dit Carl. « Et je pense qu’elle est juste ».

J’ai répondu,  » Revenons donc à ma question : devrais-je faire semblant que tout va bien pendant que ces gens souffrent parce que c’est leur chemin d’âme ? Ce n’est pas très compatissant. Et si mon chemin d’âme était de les aider ? »

« Pourquoi pas ?, mais étant donnée ton histoire, as-tu les outils pour le faire ? L’expérience de ta vie entière t’a-t-elle conduit à te consacrer aujourd’hui à cette mission ? »

« Grande question, Carl. Je suis plus ou moins devenu ‘le gars qui a de l’empathie’. J’aide les sensitifs et les intuitifs autant à prévenir qu’à guérir par empathie les maladies et souffrances transmises – une notion dont je ne connaissais pas l’existence il y a quelques années ! Et j’ai vu aussi qu’à peu près tout le monde dans le paradigme du nouvel-âge ou nouvelle pensée est hautement empathique. Certains le savent trop bien, d’autres n’en ont aucune idée et je leur montre qu’ils ne sont pas seuls – ou pire – bizarres. »

Carl demanda, « Cela te semble-t-il le bon contexte pour quelqu’un prêt à apporter la paix au Moyen-Orient ? »

« Ok, d’accord, c’était juste un exemple. Peut-être quelque chose de plus près de chez moi. Et aider ici les gens qui ont faim et les sans abri ? »

« Penses-tu qu’ils soient tous empathiques ? Tu disais que c’est ta mission actuelle d’aider les empathiques ».

« Je commence à mieux comprendre ton point de vue, Carl ».

« Oui ? »

« Oui, intellectuellement, je comprends. Mais cela semble encore manquer de cœur », dis-je.

« C’est ton choix », a-t-il dit. « Tu peux approcher la souffrance des autres le cœur endurci ou ouvert sans réserves. Tu as ce choix-là. »

« Il m’arrive parfois de détester cette rhétorique spiritualisante ! Mais bon, je sais que c’est vrai. Chacun a sa mission. Les victimes et les responsables accomplissent un destin bien plus important que ce que mon esprit peut concevoir. Quand mon cœur est à l’écoute, cela semble juste, mais ce n’est pas facile. »

« Ce qui vaut la peine d’être atteint est-il toujours facile ? » demanda-t-il.

« Un bon point pour toi. Et je sais aussi qu’en approfondissant ma mission, je peux montrer aux autres qu’ils sont capables d’accomplir la leur aussi. Je sais que je m’inspire des nombreux grands auteurs et musiciens qui partagent leurs talents. De même les nombreux pacificateurs qui remplissent leur rôle aussi. Je voudrais juste que les pacificateurs se dépêchent !

« Tu vas quelque part, Dave ? »

« Un autre très bon point, Carl. Ce n’est qu’un bref moment dans toute l’histoire. Puis-je au moins leur envoyer de l’amour, les aider à élever leur conscience ou faire un don à une cause ? »

« Oui, bien sûr, mais ne le fais qu’à partir d’un espace d’amour, et non par devoir. Que dis-tu à tous tes clients ? »

« Montrez-moi votre argent ! » (Je plaisante.) « Non, sérieusement, je leur dis que ce qui est de leur seule responsabilité, c’est leur chemin personnel – métaphysiquement parlant, il s’entend. Dans le monde matériel, nous avons des responsabilités et il faut les honorer. Dans l’idéal, avec reconnaissance et sans ressentiment. Toutes les choses accomplies qui sont contraires à l’appel de nos vérités supérieures conduisent au ressentiment. Ce ressentiment bloque l’énergie et conduit à la maladie et à la souffrance. Et quand une personne empathique va contre son soi supérieur, elle peut en fait absorber l’énergie des autres et en fin de compte aussi leurs maux et leur souffrance. »

Il a dit alors, « Finalement le meilleur conseil que tu leur donnes est le même que celui dont je te parle ! Reconnais tes dons et laisse les autres trouver les leurs et s’en servir. Même s’il y a tant de choses qui semblent à l’heure actuelle totalement en désordre, tâche de te souvenir que chacun et chaque chose a sa place. Aucune personne ni aucune chose n’est superflue ou là par accident. Tout a un but. Et mon but – pour l’instant tout du moins – était de te remettre en mémoire ce que tu sais déjà ! Quelle perfection dans tout ceci !?! »

« Tout à fait, Carl. Tout à fait… » J’ai ruminé un moment… « Mais, Carl, même en sachant tout ceci, je ne suis toujours pas heureux. La question était, ‘Comment puis-je trouver le bonheur alors qu’il y a autant de souffrance dans le monde’ – comment faire dans ce cas ? »

« Si la réponse n’est pas claire, c’est qu’il y a un problème avec la question, » dit-il. « Qui a dit que tu pourrais être heureux ? »

« Eh bien, comme le disent les gourous et les livres de développement personnel ! »

Carl vit que nous arrivions à quelque chose d’un peu plus décisif. « Ces auteurs et ces gourous sont-ils toujours heureux ? As-tu rencontré quelqu’un qui était en permanence heureux ? »

« En dehors de Berdykov, l’idiot du village, non ! Et comme le disait Woody Allen dans Guerre et Amour [Love and Death, film de Woody Allen de 1975, adaptation très libre de Guerre et Paix], en parlant de l’idiot, ‘Il est plus facile d’être heureux si son seul souci est de calculer quelle quantité de salive on va se baver dessus' ».

« C’est amusant. Et peut-être vrai. Je pense qu’il est mieux de viser un contentement avec des moments occasionnels de bonheur et des moments occasionnels de tristesse. Tout cela fait partie de la condition humaine ».

« Et fait partie de la mission de l’âme, exact ? Pour tout expérimenter ?!? » m’écriai-je.

« Maintenant t’as tout pigé ! »

 

source : Dave Markowitz