La thérapie brève systémique et stratégique

La thérapie brève systémique et stratégique a été développée dans les années 1960 à Palo Alto en Californie par une équipe de chercheurs tel que Paul Watzlawick. Ce courant a été inspirés par les travaux de Gregory Bateson sur la communication et ses paradoxes, et par les stratégies thérapeutiques et l’hypnose de Milton Erickson.

Elle s’intéresse à la façon dont les problèmes se manifestent dans le présent, et utilise le contexte de vie actuel des patients (leur système) pour les résoudre. Cette approche considère que le patient souffre moins de ses souvenirs et de son passé inconscient que de son incapacité à résoudre ses problèmes du moment. Cette thérapie cherche à soulager la souffrance psychologique en amenant les patients à faire des expériences nouvelles qui leur permettent d’affronter le présent et l’avenir de façon plus sereine.

«Tourner en rond ne permet pas d’avancer ! Ce qui déclenche le processus de changement, c’est notre ressenti, notre perception. Tout le reste vient ensuite. » 

Le thérapeute cherche à comprendre le « comment » une difficulté de vie est alimentée dans le présent par les interactions, les cercles vicieux qui se sont créés entre le « patient » et ses proches, ou entre le patient et lui-même. Il s’intéresse au comment une difficulté de vie se cristallise, au quotidien, en un problème douloureux.

Par le dialogue, le thérapeute fait émerger, progressivement, tout ce qui a été tenté, par la personne elle-même et par son entourage, pour résoudre le problème et qui ne fonctionne pas. Très souvent, en effet, quand une personne consulte c’est parce que ce qui relève du bon sens pour résoudre son problème a échoué.

Une fois le problème défini en termes de cercles vicieux, le thérapeute et son patient vont aussi convenir ensemble d’un objectif à atteindre. Le thérapeute vous parlera donc rarement de diagnostic ou de norme de bien être psychologique. C’est, en effet, à la personne qui demande de l’aide que revient le droit de décider quelle part de souffrance lui semble excessive (ex : en cas de deuil, de dépendance, de relations de couple difficiles) en fonction de son contexte de vie, de ses croyances, de ses apprentissages. C’est donc une approche éminemment non normative et non pathologisante. L’approche laisse donc au patient l’expertise de sa souffrance.

La thérapie brève se pratique en fait comme un art : l’art de trouver pour chaque personne la relation thérapeutique, la communication ainsi que les tâches stratégiques spécifiques, à réaliser entre les séances, qui rendront le changement possible. Le but de la thérapie est d’aider la personne à voir sous son problème sous un angle différent afin qu’elle puisse réagir autrement. Si dans la plupart des approches thérapeutiques le thérapeute explique pour aider le patient à changer, le thérapeute stratégique aide le patient à changer pour lui expliquer ce changement dans un second temps.