Covid-19 : qu’est-ce que la “fatigue pandémique”

Covid-19 : qu’est-ce que la “fatigue pandémique”

Depuis près d’un an, la pandémie de Covid-19 conduit inexorablement à une autre forme de danger que l’OMS appelle “fatigue pandémique”. Cette fatigue est d’origine anxiogène et elle est directement liée aux répercussions du virus sur la vie personnelle et professionnelle. Dans un document publié cet automne, l’OMS nous explique que cette fatigue se traduit par de “l’anxiété, de l’épuisement, des problèmes de mémorisation, d’attention. On a le sentiment d’avoir plus de difficultés à engager de l’énergie pour de l’activité quotidienne”.

Incertitude assez prononcée, peur de s’infecter par le SARS-CoV-2 ou d’en perdre un/e proche, manque de relations sociales et de projets personnels ou professionnels, isolation, liberté restreinte et plus encore : tous ces facteurs sont à l’origine de la fatigue pandémique. Concrètement, celle-ci se manifeste par des troubles du sommeil, une angoisse ainsi que des difficultés à se concentrer. Cela contribue à l’insomnie, ce qui engendre un tas de problèmes de santé en général.

L’une des conséquences de cette fatigue pandémique peut passer par un rejet brutal des mesures sanitaires. Cette mise en danger de soi-même et des autres, en s’exposant au virus (par exemple en organisant des fêtes en nombre). Des études menées par l’université de Nantes montrent que durant le premier confinement est apparue une dérégulation des émotions, avec pour certains une difficulté à éprouver des émotions positives. Un certain équilibre a été retrouvé à l’été avec l’allègement des restrictions. Or, le deuxième confinement est arrivé assez rapidement ensuite. “On a alors revu les mêmes phénomènes – diminution des émotions positives et augmentation des émotions négatives – indicateurs de la fatigue pandémique et qui se poursuivent en ce début d’année 2021, avec la crainte d’être reconfinés“. L’enquête Coviprev menée par Santé Publique France depuis mars 2020, va dans le même sens. Elle illustre l’impact des confinements et montre un niveau toujours élevé en ce début d’année des états anxieux, dépressifs et des insomnies. 

 

Un article pour mieux comprendre les répercussions psychologiques lié aux confinements 

 

Les 3 groupes à risque

Selon le communiqué de l’OMS, la fatigue pandémique touche le plus les jeunes. Cela s’explique par deux facteurs. Premièrement, c’est l’incertitude de leur avenir professionnel et personnel. Et deuxièmement, la privation de relations sociales – un phénomène assez important lors de la jeunesse. Par conséquent, un sentiment de frustration s’installe.

Les personnes âgées forment le deuxième groupe à haut risque face à la fatigue pandémique. L’OMS explique que cela est dû notamment à leur isolation dans le but de les protéger contre le coronavirus en vue de leur vulnérabilité. Enfin, la pandémie mondiale peut avoir aussi un impact négatif sur le bien-être psychologique des enfants. D’ailleurs, plusieurs médecins ont annoncé une augmentation des cas de stress post-traumatique suite à la crise sanitaire chez les petits enfants.

L’OMS présente certaines recommandations pour aider les États. “Les gouvernements ont la possibilité d’atténuer les effets néfastes de ces mesures [restrictives] grâce à une planification, une mise en œuvre et une communication minutieuses et grâce à des mesures et politiques de protection sociale supplémentaires pour garantir que personne ne soit laissé pour compte”, indique-t-elle.

Apaiser les esprits

Une fois repéré cet état de fatigue psychique, comme y remédier ? Pouvons-nous encore trouver des voies de dégagement à cette fatigue qui nous tenaille ?

La plateforme d’information francilienne sur la santé mentale Psycom liste elle aussi des exemples de moyens de s’appuyer sur ses propres ressources : se rappeler comment on a surmonté certaines difficultés par le passé, garder en tête que cette période éprouvante aura une fin, prêter attention à son sommeil, installer de nouvelles routines, ré-aménager son chez-soi, cultiver la bienveillance envers nous-mêmes et les autres, garder le contact avec la nature ou, là encore, faire des choses qui nous font du bien. 

Et comment faire pour mieux vivre cette pandémie ?

Si l’OMS ne donne pas de recettes miracles pour mieux vivre cette crise, il est possible de se sortir de cet état psychologique difficile.

Ne pas s’isoler : Il est essentiel de conserver un contact social même uniquement digital avec ses proches et ses amis. L’isolement est un facteur aggravant de la fatigue pandémique.

Faire de l’exercice physique : si cela reste possible dans votre pays de résidence, pouvoir faire un peu sport, du jogging ou même une petite balade en extérieur est très bénéfique pour se changer les idées mais également pour mieux dormir.

Prendre des bains de soleil : si vous vivez dans un pays chaud, profitez de vos sorties pour prendre un peu le soleil, ce qui influera positivement sur votre humeur.

Faire le plein de vitamines : Un esprit sain dans un corps sain. mangez un maximum de fruits et légumes et évitez de manger trop gras.

Se faire un programme précis de sa journée : la perte des repères temporels peut être contrecarrée par un agenda des tâches de la journée. Ne négligez pas l’importance des pauses lors de vos journées de télétravail.

Coupez les écrans en fin de journée : après une longue journée de télétravail, il est préférable de couper tous vos écrans et de profiter d’un peu de temps pour vous avec un livre, pour discuter avec vos proches ou encore faire un peu de méditation.

Faites des projets : sans faire de plan sur la comète, fixez vous quelques objectifs facilement atteignables. Ne vous mettez pas la pression mais essayez de vous projeter dans l’avenir.

 

Pour vivre le mieux possible le confinement 

 

Si les syndromes persistent, n’hésitez pas à faire appel à une aide psychologique et surtout à en parler à votre entourage.

 

Sources

Pandemic fatigue Reinvigorating the public to prevent COVID-19, OMS, novembre 2020.

Coronavirus: Europe experiencing ‘pandemic fatigue’, BBC, 6 octobre 2020.

Bénéficier de conseils pratiques validés par un collectif de scientifiques (Adios Corona) 

 

soutiens 

Conseils pratiques pour rester en bonne santé mentale à la maison (OMS)

Stop blues, pour évaluer son état psychologique et se faire aider pendant l’épidémie (Inserm, avec Psycom)

Techniques pour réduire le stress, avec des exercices pratiques (OMS)

Etudiants et étudiantes, où et comment trouver du soutien psychologique (Ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche)

La santé mentale et le covid (PSYCOM)