Le rire, ce médicament naturel des plus puissant

Le rire, ce médicament naturel des plus puissant

Stress, compétition professionnelle maladive, impacts médiatiques, décès, chômage, pathologies, pauvreté et attentats… nous sommes submergés ou intoxiqués ! En ces temps d’incertitude, c’est à peine si nous osons encore esquisser un sourire, peut-être par respect pour les victimes d’une société devenue folle ! On se force à rire, on finance des stages payants pour rire… mais le cœur n’y est plus… et la spontanéité non plus.

Vous riez dans la rue ? vous êtes désormais un marginal, ou au pire, un citoyen qui ne respecte rien ! Pourtant, le rire casse les usages, dissipe les pensées négatives et restaure ce lien précieux des relations inter-individuelles. Il est un instrument créateur. Il ne tient qu’aux générations présentes de le restaurer, de le faire revivre… en se payant l’audace de rire encore, pour mieux vivre… et ainsi briser définitivement les influences de cette époque désenchantée.

 

LES 5 VERTUS DU RIRE, POUR GARDER L’ENVIE DE VIVRE 

 

“On prend la mesure de la puissance du rire dès l’âge de 6 à 8 semaines. On chatouille bébé, il rit, on rit, il re-rit, et ainsi de suite. La communication est profonde parce qu’on rit ensemble.” C’est ce qu’affirme Florence Servan-Schreiber dans son livre Power patate (Marabout). Certes, il y a des individus plus réceptifs que d’autres. Certains, par leur esprit, font pouffer l’assemblée, alors que d’autres se marrent franchement, mais sont incapables de raconter une blague. On recense aussi des personnes qui préfèrent ne pas manifester extérieurement leur amusement, mais pas de panique, rien n’est perdu.

  1. C’EST BON POUR LA SANTÉ

Le rire pour commencer “développe les capacités respiratoires”. Elle se traduit par “une accélération cardiaque, ainsi qu’une augmentation de la sécrétion d’endorphine, elle active le système circulatoire et respiratoire et donc l’oxygénation générale et mobilise quatre cents muscles, énumère quant à elle la psychologue Marie Anaut dans son livre L’humour entre le rire et les larmes (Odile Jacob). La neurobiologie a démontré que cela favorise la production par l’organisme de neuromédiateurs comme la sérotonine et la dopamine qui sont des substances favorables à la santé.”

Certaines études démontreraient d’ailleurs que les hôpitaux qui recourent aux services de clownthérapie par exemple, délivreraient moins d’antalgiques à leurs patients, “les endorphines soulageant naturellement la douleur”, comme le rappelle Marie Anaut. 

  1. ÇA BOOSTE LE MORAL

“Se bidonner, ou même juste sourire, seul devant son miroir peut déjà être très bénéfique, constate Ingrid Daschot. Cela donne confiance en soi et offre l’occasion de se positionner immédiatement en tant que personne heureuse. On décide volontairement de considérer le verre à moitié plein, on change sa vision sur la vie… et naturellement, le regard que posent les autres sur nous se modifie également.” Ainsi rire serait une façon de voir la vie en rose… même quand elle ne l’est pas tout à fait. Et l’humour davantage encore, car la démarche cognitive qui se cache derrière peut franchement aider à surmonter les tracas du quotidien. “L’attitude humoristique est un indicateur de créativité qui révèle les ressources mobilisables pour parer aux difficultés de l’adversité”, souligne Marie Anaut.

L’idée serait ainsi finalement de renouer avec sa légèreté de môme et de blaguer pour dépasser les angoisses et autres barrières à notre épanouissement. “Ça révèle l’enfant que l’adulte porte encore en lui et qui s’est construit à partir du jeu et de l’imaginaire, analyse l’auteure de L’humour entre le rire et les larmes. Ça rappelle en outre nos tentatives infantiles pour maîtriser des situations frustrantes qui nous échappent ou qui nous font peur.”

  1. C’EST UN BOUCLIER EN CAS DE DRAME

Si l’humour aide très certainement à affronter les petits soucis journaliers, il peut s’avérer très utile dans des cas bien plus graves de traumatismes ou de catastrophes, comme le suggérait déjà Beaumarchais quand il écrivait “Je me presse de rire de tout, de peur d’être obligé d’en pleurer”. “Dans ma pratique clinique, j’ai souvent observé que c’était une force vitale qui apparaissait dans des situations les plus inattendues, relate Marie Anaut. Des personnes l’utilisent spontanément pour raconter des histoires complètement délétères, de maltraitance par exemple. C’est une véritable ressource pour elles.”

 

  1. C’EST UN MOYEN D’AUTODÉFENSE

“C’est un roc ! C’est un pic ! C’est un cap ! Que dis-je, c’est un cap ? C’est une péninsule…” La tirade de Cyrano de Bergerac à propos de son nez est probablement le plus bel exemple que la littérature nous apporte en matière d’autodérision. Le héros au pif proéminent assaille son ennemi de plaisanteries qui auraient pu être les siennes avant de conclure : “Je me les sers moi-même, avec assez de verve. Mais je ne permets pas qu’un autre me les serve.” Dans cette célèbre scène, les traits d’esprits donnent du panache et retournent l’agression vers son auteur pour le ridiculiser à son tour, avec élégance et manière. “C’est un bouclier face aux attaques potentielles, des moqueries, confirme Marie Anaut. De ce fait, l’humour permet de retravailler les blessures en changeant leur représentation et transforme aussi l’image que l’on a de soi.” Rigoler de ses erreurs et de ses failles serait donc la meilleure manière de transformer ses défauts en qualité.

 

  1. ÇA FACILITE L’INTÉGRATION

“C’est un lubrifiant social, moins dangereux que l’alcool, affirme la journaliste Charline Vanhoenacker. Pour moi, que ce soit à l’antenne ou dans les couloirs, l’humour me facilite la tâche pour aborder les gens cash, les mettre à l’aise, qu’ils se sentent dans un environnement positif et donnent donc à leur tour le meilleur d’eux-mêmes.” S’esclaffer connecte en effet positivement les individus en créant un climat de confiance et en rapprochant des personnes qui initialement auraient pu s’ignorer. C’est d’ailleurs un langage universel, au-delà des dialectes locaux.