Importance de nos besoins : pyramide ou roue de Maslow ?

A.Maslow définit l’esprit de la psychologie humaniste comme suit: « Lorsque nous demanderons un homme de nous parler de la vie, de sa vie nous traitons avec son essence même. » Conception très proche de ce que Jung nommait le Soi, le centre de la personnalité tout entière. Le Soi rassemble le conscient et l’inconscient. Le Soi étant une entitée sur-ordonnée au Moi, il constitue une personnalité plus ample. 

Abraham Maslow est d’abord connu pour sa pyramide des besoins à 5 niveaux qu’il créa en 1942. Cette pyramide constitue l’une des théories de la motivation. On entend par motivation des forces qui agissent sur la personne (ou à l’intérieur de sa psyché) pour la pousser à se conduire d’une certaine manière, orientée vers un objectif. Et par besoins, pour A.Maslow, ce sont les manques ressentis d’ordre physiologique, psychologique ou sociologique. Abraham Maslow est connu pour la « pyramide des besoins »… alors qu’il n’a jamais parlé de « pyramide » ! Il a parlé de « hiérarchie » des besoins, et ce n’est pas tout à fait la même chose. Nous pouvons même remarquer que Maslow  prend une certaine distance avec la dimension pyramidale, en ce sens où, même s’il y a une hiérarchie, tous les besoins sont toujours un peu là en même temps, mais dans des proportions et des natures qui varient au cours du développement d’un être.

Voici une représentation de la pyramide des besoins de Maslow. Elle présente donc une hiérarchisation de nos besoins qui a été beaucoup utilisée par les spécialistes du marketing pour analyser nos motivations dans les actes de consommation.

 

 

Maslow distingue cinq grandes catégories de besoins. Il considère que le consommateur passe à un besoin d’ordre supérieur quand le besoin de niveau immédiatement inférieur est satisfait.

Les besoins humains selon Maslow :

 

-  Les besoins physiologiques sont directement liés à la survie des individus ou de l’espèce. Ce sont typiquement des besoins concrets (faim, soif, sexualité,…).

 

-  Le besoin de sécurité consiste à se protéger contre les différents dangers qui nous menacent. Il s’agit donc d’un besoin de conservation d’un existant, d’un acquis. Il s’inscrit dans une dimension temporelle.

 

-  Le besoin d’appartenance révèle la dimension sociale de l’individu qui a besoin de se sentir accepté par les groupes dans lesquels il vit (famille, travail, association, …). L’individu se définissant par rapport à ses relations, ce besoin appartient au pôle « relationnel » de l’axe ontologique.

 

-  Le besoin d’estime prolonge le besoin d’appartenance. L’individu souhaite être reconnu en tant qu’entité propre au sein des groupes auxquels il appartient.

 

-  Le besoin de s’accomplir est selon Maslow le sommet des aspirations humaines. Il vise à sortir d’une condition purement matérielle pour atteindre l’épanouissement. Nous le considérons donc comme antagoniste aux besoins physiologiques.

 

Cette approche dite « des besoins fondamentaux » qui s’appuie sur l’analyse de la pyramide des besoins de Maslow, induit l’idée qu’il faut satisfaire des besoins matériels avant des besoins non quantifiables comme les besoins de spiritualité, besoins psychologiques…Or dans les faits nous nous apercevons que ceux qui vivent dans la grande « pauvreté », de la même manière que nous même, ont un ensemble complexe de besoins qui se manifestent conjointement. Maslow a d’ailleurs lui même insisté sur la difficulté qu’il y a à extraire des données et de les mettre à part concernant un concept, un groupe de personnes ou des personnalités, puis de les chiffrer et de les classer. La volonté de créer des catégories puis de les dénombrer est, selon lui une aberration dans le domaine humain. En effet, pour créer des catégories, il convient de séparer des éléments en décidant qu’ils sont distincts les uns des autres en fixant certains critères. Pour réaliser cela on est alors obligé de négliger un grand nombre de détails, car un individu n’est jamais « totalement ceci » ou « totalement cela ». « Il est possible d’ajouter une pomme à une autre pomme parce que la nature des pommes le permet. Le cas est différent lorsqu’il s’agit de personnalité » (Maslow)

Cette schématisation serait donc plutôt une imagerie du passé qui rationnalise la socialisation en positionnant l’évolution de l’être humain sur une échelle sociale un peu primaire. Ainsi, selon cette théorie il ne serait pas possible de croire en Dieu en période de désastre, ou impossible de faire du bon travail avec un salaire peu important. A l’inverse, un excellent salaire ne garantit en rien une forte motivation (je vous laisse trouver des exemples).

Enfin, nos besoins sont ils réellement organisés hiérarchiquement ? L’avoir rend-il acceptable le manque d’être ?

Alors comment pourrait-on représenter autrement ce système sans tomber dans le piège de l’échelle sociale primaire ? Une proposition pourrait être un système non pas pyramidal, mais cyclique pour montrer une forme de dynamisme qui lie et associe les besoins primaires aux besoins secondaires. 

 

 

D’après le sociologue Inglehart, les valeurs “matérialistes” correspondent aux besoins fondamentaux évoqués par Maslow, et celles “post-matérialistes” correspondent aux besoins complexes (dit de plus grand ordre). D’un point de vue sociologique, Inglehart considère que les populations occidentales ont changé leurs priorités de valeurs dans le courent du XXe siècle, du fait d’une satisfaction accrue de leurs besoins fondamentaux. Il estime que ce bien-être accru les conduit à mettre moins l’accent sur des valeurs matérialistes, telles celles de sécurité physique, et davantage sur des valeurs post-matérialistes, telles celles de liberté, d’expression de soi et de qualité de vie.