Savoir ne fait pas changer

Il peut nous arriver de penser qu’apprendre une information apportera un changement favorable lié à cette information. Nous voyons alors de nombreuses personnes porter une grande attention à l’information pour pouvoir faire émerger tel ou tel changement. Seulement, voilà : savoir n’a jamais fait changer un comportement. Ce n’est que le début d’une longue dynamique dont le changement en serra la conclusion.

 

Nous allons donc voir plus précisément quelles sont ces différentes étapes :

 

La première étape est effectivement de passer de l’ignorance à la connaissance. C’est donc de faire naitre en soi une nouvelle information. Et comme dans le fonctionnement de la vie, la naissance n’est que le début de l’aventure.

C’est le moment où l’on agrandit sa culture. L’information n’est pour le moment que d’ordre culturel intellectuel.

Vient ensuite la deuxième étape qui est de se sensibiliser à cette connaissance. À cette étape il est important de ne pas confondre, sensiblerie (lorsque nous sommes emportés par l’information) avec sensibilité, qui est la rencontre entre notre connaissance et nos émotions.

C’est le moment de l’impact de l’information. Celui-ci peut être doux ou violent, mais il va être ressenti (sinon c’est qu’on reste à l’étape d’avant).

La troisième étape est de passer de la sensibilité à l’intégration de cette information. C’est-à-dire que cette information va apporter une mutation aussi intellectuelle que sensitive. Notre rapport à ce sujet sera profondément différent. On pourrait dire que l’on « met du cœur à l’ouvrage », on intègre dans le corps une information qui était jusque-là intellectuelle et émotionnelle. Elle commence à réellement faire partir de nous, et influence nos comportements.

C’est à ce moment-là que nous pouvons sortir des expressions du genre, « je n’ai pas eu la présence d’esprit de… » c’est-à-dire, l’information connue n’est pas encore assez intégrée pour venir spontanément à ma conscience pour agir lors de cette situation. De même que l’expression démocratisée avec Louis XVI « j’avais la tête ailleurs ».

Enfin, la quatrième étape est de passer de l’intégration à devenir cette information. À ce moment-là, l’information une fois intégrée n’as plus à être conscientisé, elle fait partie de nous et est devenue un automatisme dans notre rapport à la vie. L’information « coule de source » à l’instant où elle est pertinente pour nous faire répondre au mieux à la problématique. La question intellectuelle ou culturelle n’a plus sa place l’information est vivante en nous-mêmes.

C’est le moment de la conviction, ou l’on vit ce qui est exprimé, et exprime ce qui est vécu. C’est mettre en vie une expérience de l’être, induite par ce qui a été intégré. C’est par exemple cet étrange miracle de réussir à rendre vivant des langues mortes. Et cela ne se résume pas aux Latins ou Grecs anciens, mais est aussi présent dans nos propos quotidiens.

Conclusion :

Le travail sur soi pourrait être résumé à faire travailler notre conscient à éduquer notre inconscient. Rendre automatique et vivante une information jusque-là abstraite et intellectuelle. Faire muter la nature profonde en soi pour qu’émerge dans nos actes notre connaissance.