L’approche fonctionnaliste :
Les psychiatres et psychologues, qui sont des professionnels de santé, ils s’inscrivent majoritairement dans un paradigme fonctionnaliste : elles abordent les troubles psychiques comme des dysfonctionnements de mécanismes neurobiologiques, comportementaux ou informationnels, qu’il s’agit d’identifier, de corriger ou de rééduquer. Dans cette perspective, le symptôme est pensé comme un déficit ou une erreur de traitement (déséquilibre neurochimique, biais cognitif, schéma inadapté) plutôt que comme l’expression d’une conflictualité existentielle ou d’une quête de sens. L’attention se porte ainsi sur la régulation des fonctions (humeur, attention, cognition, comportement) davantage que sur l’interprétation subjective et symbolique de l’expérience vécu. Sans nier leur efficacité pragmatique, ces approches tendent donc à reléguer au second plan la dimension herméneutique de la souffrance psychique, c’est-à-dire la question du sens que le sujet donne à son expérience.
Le psychologue a une formation précise pour comprendre le fonctionnement neuronal ou cognitif de l’humain et ainsi pouvoir apporter une aide spécifique face aux troubles cartographiés en lien avec telle ou telle souffrance. Il a suivi le cycle complet des études universitaires, avant de se spécialiser en psychologie clinique, ce qui correspond au total à cinq années d’études. Le bilan psychologique est intéressant lorsque l’on cherche à savoir si pour un enfant, par exemple, il y a une nécessité d’un aménagement scolaire ou plus largement si une orientation vers un centre de soins spécialisé est pertinente. Le psychologue peut également estimer qu’il serait favorable que l’individu (enfant ou adulte) poursuive un travail en psychothérapie. Le psychologue travaille en lien avec un réseau de partenaires professionnels vers qui orienter la personne et auxquels il peut faire appel selon les besoins évalués : médecin généraliste, pédiatre, psychiatre, pédopsychiatre, orthophoniste, psychomotricien, kinésithérapeute, structures de soin…
Le psychiatre est médecin. C’est donc le seul praticien habilité à prescrire des médicaments. Il a suivi le cycle complet des études de médecine à l’université, avant de se spécialiser en psychiatrie, ce qui correspond au total à dix années d’études. Bien souvent, les psychiatres complètent leur cursus médical par une formation en psychothérapie. Le psychiatre diagnostique et traite les troubles mentaux. Néanmoins, s’il traite les maladies lourdes comme les psychoses (la schizophrénie par exemple) il soigne également les troubles psychiques plus légers et courants : dépression, attaques de panique, anxiété, phobies, troubles du sommeil… Le pédopsychiatre, quant à lui, est un médecin spécialisé dans la psychiatrie infantile.

Face à cela, j’ai choisi une approche psychodynamique (une clinique qui considère la souffrance psychique comme porteuse de sens et refuse de la réduire à une norme ou à un protocole, en redonnant au patient sa parole et sa singularité.)
Remarque sur la psychanalyse, terme qui amalgame différentes choses :
- des corpus théoriques (les fameux courants de pensées : Freud, Winnicott, Lacan, Dolto, Castoriadis, Melman, Assoun, et autres) ;
- une anthropologie du sujet (vision plus philosophique et avec des auteurs qui peuvent être par exemple contre des courants psychanalytiques comme F. Guattari, Benasayag, etc.)
- des pratiques thérapeutiques reconnues scientifiquement, par exemple les travaux de Franck Yeomans sur la thérapie centrée sur le transfert ou des études de Jonathan Shelter ou Thomas Rabeyron.
Le psychanalyste, qui n’est pas un professionnel de santé, place au cœur de son travail la question du sens et de la subjectivité. Le symptôme n’y est pas conçu comme un simple dysfonctionnement, mais comme une formation signifiante, porteuse d’une vérité singulière du sujet, inscrite dans son histoire, ses conflits inconscients et son rapport au désir. La souffrance psychique devient ainsi un langage à interpréter, une énigme à déplier, plutôt qu’un trouble à corriger. Si on n’a plus conscience de qui l’on est, alors on n’a plus confiance en ce que l’on est (problème de confiance en soi et d’estime de soi).
J’utilise pour cela une approche psychodynamique qui comprend les théories en psychologie basées sur l’interaction des forces internes et des narrations au sein de la personne, en lien avec son environnement. Cette thérapie philosophique cherche ainsi les voies du devenir singulier de la personne humaine.
Voici un schéma qui présente les 3 points structurants, dans une approche centrée sur l’intériorité de la personne qui consulte.

La psychosociologie est une branche interdisciplinaire qui rejoint l’anthropologie clinique déplace et élargit cette perspective en articulant la question du sens à celle des déterminations sociales : elle cherche à comprendre comment les souffrances psychiques prennent forme dans des contextes institutionnels, économiques et culturels spécifiques. Elle met en lumière les liens entre mal-être individuel et organisation du travail, normes sociales, rapports de pouvoir, révélant que la subjectivité se construit toujours à l’intersection du psychique et du social.
Dans un article marquant paru en 1977 dans la revue Science, le psychiatre George Engel a appelé à un nouveau « modèle bio-psycho-social ». En tant que médecin, Engel était déçu par les limites de la biomédecine analytique et pensait que les cliniciens devaient s’intéresser simultanément aux dimensions biologiques, psychologiques et sociales de la maladie. L’enjeu de la psychosociologie est de réussir à se situer à l’échelle mésoscopique. C’est-à-dire entre l’échelle microscopique qui réduit tout à l’humain (au patient) et à sa subjectivité, et entre l’échelle macroscopique qui va tenter d’expliquer tout d’un point de vue social sans prendre en compte la personne. L’échelle entre les deux est donc de prendre en compte la subjectivité de la personne (ses croyances, ses visions du monde) et de la replacer dans son contexte (son cadre culturel, sa société, etc).
Cela vise à renforcer le pouvoir du patient à agir sur lui-même dans le contexte qui lui est propre. La croissance nécessite un équilibre entre la nécessité de changer et l’acceptation du présent. Il s’agit d’une psychologie relationnelle qui considère la relation de l’individu avec son environnement (la nature, la société…) afin de retrouver une forme de commun, de lien à la fois sain et positif pour lui.
(Vous trouverez ici un article pour approfondir ce sujet)
Une vidéo qui met en lien les problèmes psychologiques avec un regard social
