Mathieu  Lapeyre  : psychothérapie  &  accompagnement

Ma démarche en psychothérapie

Toute personne se construit en développant quatre dimensions :

Sa capacité à se mettre en question, à comprendre le monde dans lequel elle vie, à inventer des nouvelles réponses. C’est en ce sens qu’elle peut être créatrice d’histoire, de son histoire.

Ses engagements pour contribuer à la production de la société, et trouver sa place en son sein.

Ses habiletés de dire ce qu’elle éprouve et d’éprouver ce qu’elle dit, à savoir une cohérence entre ce qu’elle pense, ce qu’elle ressent et ce qu’elle exprime, là où s’enracinent la sécurité intérieure, la confiance et l’estime de soi.

La reconnaissance de ses propres désirs face aux désirs des autres, non pour les imposer, mais pour les composer, dans la mesure où l’affirmation de soi et la reconnaissance de l’altérité se conjuguent l’une avec l’autre.

 

Néanmoins, il n’est pas toujours aisé de traverses sa vie et ses difficultés seuls. De même, en période où l’on peut se sentir fragile et en difficulté, il n’est pas simple de s’engager dans une psychothérapie. Cependant, à certains moments de la vie, il peut être important de bénéficier d’un espace de parole pour évoquer avec un thérapeute certaines difficultés passagères ou trop lourdes à porter. Le cabinet psychothérapeutique est alors un lieu de parole privilégié, bienveillant et protégé par le secret professionnel.

 

Explication de mon approche transversale en lien avec les théories utilisées. 

La santé peut se comprendre comme la capacité à demeurer en lien harmonieux avec soi-même et avec le monde. Elle s’éprouve dans le sentiment d’être pleinement vivant et accordé à ce qui nous entoure. Pourtant, notre perception est souvent limitée par notre éducation, notre cadre culturel et nos héritages familiaux. Tout au long de la vie, nous intégrons des informations, parfois claires, parfois déformées, qui façonnent notre manière d’être au monde.

 

La souffrance psychique survient lorsqu’une disharmonie s’installe : elle traduit une perte de lien avec une ressource intérieure, comme si une partie de nous s’était voilée ou oubliée. Les symptômes peuvent alors être lus comme les messages de cet « être profond » qui cherche à se dire autrement. Dans ces instants, notre inconscient agit tel un gardien, reproduisant d’anciens schémas pour privilégier la survie.

 

Le travail thérapeutique consiste à ramener de la conscience dans ce qui était jusque-là automatique. C’est une démarche de réconciliation : retrouver le contact avec les ressources enfouies, réinstaurer une circulation intérieure, et s’ouvrir à de nouvelles dynamiques plus ajustées. Il ne s’agit pas tant de revivre les blessures que de renouer avec l’énergie vitale qui les traverse, et de permettre à cette force de redevenir créatrice. Le rôle du thérapeute est d’accompagner ce processus d’ouverture et de transformation, en offrant un espace sûr où la personne peut réaccorder sa relation à elle-même et au vivant. La guérison ne repose ni sur un outil unique, ni sur un acte magique : elle se construit pas à pas, dans la rencontre, grâce à la coopération active de la personne et à la mobilisation de ses propres ressources intérieures.

 

Notre paix provient de notre unité intérieure.

Qu’on les nommes « voix intérieures », ou en psychologie subpersonnalité (chez Janet ou Jung) et I-position (chez Hermans), nos multiples aspects agissent en nous, de manière inconsciente comme des programmes autonomes, n’agissant pas toujours selon nos souhaits. Exemples d’états du moi : (Le rationnel, l’émotif, le sensible, l’artiste, l’observateur, l’organisateur, le solitaire…) Ce modèle permet par un dialogue intérieur, et une communication pacifiée, de se libérer d’anciens programmes devenus obsolète, qui bloquent l’évolution et le bien-être de la personne. Elle entend les besoins de chaque partie pour trouver de manière apaisante un chemin qui soit à l’écoute de chacune d’entre elles pour aller vers des émotions positives dynamisantes.

voir l’article : La Thérapie des États du Moi

La Thérapie des États du Moi, ou Ego State Therapy, s’inscrit dans la lignée des thérapies brèves. C’est une thérapie basée sur l’idée que la personnalité est composée de plusieurs parties, plutôt que d’être un tout homogène. La rencontre et le dialogue de ces parties apportent une harmonie intérieure. 

 

Notre paix provient de l’histoire qu’on se raconte sur soi et sur notre relation au monde.

On peut aisément considérer que tout être humain « raconte des histoires » sur sa vie et sur le monde qui l’entoure. En effet, chaque humain sélectionne des événements, les interprète, leur donne un sens et relie ceux-ci pour tenter d’en faire une histoire cohérente. L’être humain structure sa vie sous un mode narratif (notre cerveau fonctionne d’ailleurs ainsi), et les histoires ainsi élaborées acquièrent un caractère de vérité, parfois même un caractère de vérité définitive et permanente qui peut être néfaste pour la personne.

Lorsque le problème est internalisé et considéré comme identitaire (« je suis mon problème »), les exceptions sont parfois difficiles à mettre au jour nécessitant alors une remise en contexte pour changer ou transformer l’histoire que la personne se raconte. Cependant, il peut arriver des « moments d’exceptions » qui ne sont pas en cohérence avec cette histoire. Ces exceptions sont au centre de la thérapie narrative, car elles correspondent à un moment de « réassociation » psychique, c’est-à-dire un moment où l’individu agit en collaboration et en harmonie avec ce qui est important pour lui (valeurs, projets de vie, proches, besoins…).

voir l’article : l’approche narrative 

La thérapie narrative recherche une approche respectueuse, non accablante de la thérapie. L’approche narrative fait la distinction entre le problème et la personne. Elle considère que chacun possède des talents, des compétences, des croyances, des valeurs, des engagements et des aptitudes susceptibles de l’aider à réduire l’influence des problèmes dans sa vie et même de l’en dégager.

Voir l’explication : La thérapie des schémas

Les schémas, aussi connus sous le nom de patterns, désignent des modèles d’idées, de comportements et d’attitudes verbales et non verbales que nous adoptons inconscientement face à des circonstances spécifiques. Selon J. Young, ces schémas engendrent une forte fixation d’actions qui ne correspondent pas à la concrétisation de notre véritable moi. L’approche de la thérapie des schémas vise à les repérer pour une libération efficace et durable.

 

 

Notre paix provient de notre relation au monde.

La vision moderne de la réalité a séparé le soi de l’autre, la pensée du ressenti. Ce qui apparaissait comme des entités séparées et autonomes est maintenant vu comme interdépendant. On nous a appris à nier l’importance des émotions, qui sont des réponses à notre environnement aussi valides que les constructions rationnelles. Les sensations, les émotions, les intuitions, les concepts se conditionnent les uns les autres, chacun étant une façon d’appréhender les liens qui tissent notre monde

Voir l’explication de l’approche psycho-sociale 

La psychosociologie est une branche interdisciplinaire qui rejoint l’anthropologie clinique et qui s’intéresse aux transformations des comportements, des caractéristiques et problématique psychiques que subit la personne dans et par la société. Dans cette démarche, l’être est l’intériorisation de la ou des communautés qu’on habite et qui nous habitent.

 

Notre paix provient de notre relation sensitive à soi et au monde

Loin de restreindre mon accès aux choses et au monde, le corps est le moyen même d’entrer en relation avec toute chose. Comment pouvons-nous être connectés, conscient de ce qui nous entoure, si nous avons tant de mal à être dans nos corps ? De nos jours, on aime (plus ou moins) l’idée que ce l’on ce fait de notre corps, mais plus notre corps en lui même. On vit avec lui et non en lui. Lorsque vous êtes présent à vous-même, vous vous mettez à habiter ce que l’on pourrait appeler « votre espace intérieur ». Quand on est là, on commence à prendre soin de soi ; à se purifier : le corps (à se poser la question de ce qui est bon pour moi), l’affect (à écouter et prendre en considération ses sensations, ses émotions), voir, comme dirait Cythia Fleury : l’imaginaire. On ne se nourrit pas de négatif, on commence à avoir une nouvelle forme d’hygiène.

voir l’article : Le Lebenswelt : le monde de la vie

Chaque sujet habite le Lebenswelt à partir de son propre point de vue, mais ce regard n’est pas isolé. Le monde de la vie est aussi un monde partagé, traversé par les regards croisés de multiples subjectivités. Cette pluralité conduit à une compréhension plus nuancée du réel : le monde est toujours un horizon ouvert, jamais entièrement donné, mais à déployer ensemble. Le regard subjectif devient alors un chemin vers l’autre : en reconnaissant l’irréductibilité des expériences vécues, nous ouvrons un espace pour le dialogue, l’éthique, et la cohabitation des différences.

 

Une démarche plus spirituelle 

Je rencontre fréquemment des patients qui ont déjà suivi une thérapie classique mais qui n’y ont pas trouvé les réponses qu’ils cherchaient. Je propose alors une conversation avec le soignant intérieur de la personne qui consulte afin de coconstruire un mieux-être plus existentiel. Je propose des cadres philosophiques adaptés à leur vision et à leur cartographie du monde, afin de trouver ensemble des solutions pour combler le manque de sens que la personne peut éprouver. Finalement, tout comme toute approche de soins, il s’agit d’un travail de collaboration totale entre le patient et le thérapeute.

voir l’approche de La thérapie philosophique

La philo-thérapie s’adresse à tous ceux qui se posent des questions sur le sens de la vie en général et sur le sens de leur vie en particulier ; à ceux qui ne parviennent pas à dépasser seuls les difficultés engendrées par les maux quotidiens. Cependant, la philo-thérapie n’est pas conseillée aux personnes qui souffrent de pathologie psychiatrique complexe pour qui un travail de psychothérapie classique sera plus approprié.

voir l’approche de La psychosynthèse

La psychosynthèse se concentre sur la synthèse de l’humain dans sa globalité psychique plutôt que de s’arrêter sur l’analyse des troubles de la personnalité. La psychosynthèse considère l’être humain comme un tout et accorde à chaque dimension l’importance qui lui revient ; elle vise à mettre l’homme en harmonie avec lui-même et avec le monde. 

Même si elle a démontré qu’elle était une voie effective pour tous sortes de problèmes psychologiques, ce modèle ne s’adresse pas seulement à des personnes en souffrance, mais à toute personne en quête de lien authentique avec le vivant ( autant interne qu’externe). 

Ma vision de la psychothérapie repose sur quelques principes essentiels :

  • Favoriser avant tout une rencontre bienveillante entre patient et thérapeute, dans un climat de confiance, où chaque parole peut être accueillie avec respect.
  • Encourager l’engagement actif de la personne : plus elle partage ses expériences et son fonctionnement, plus le thérapeute dispose d’éléments pour proposer des pistes adaptées et constructives.
  • Accompagner l’apprentissage de nouvelles compétences permettant de mieux comprendre ses émotions, d’en prendre conscience et de trouver un apaisement durable face à ce qui est vécu.
  • S’appuyer sur les expériences, le vécu émotionnel et le ressenti corporel comme autant de ressources intérieures.

L’objectif est que l’intériorité devienne peu à peu un espace d’appui et de vitalité, une force intérieure sur laquelle s’ancrer pour traverser les difficultés de la vie et s’ouvrir à de nouvelles possibilités.

 

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