L’approche narrative : construire son histoire personnelle bienfaisante

 la thérapie narrative recherche une approche respectueuse, non accablante de la thérapie ainsi que le travail communautaire. De plus, elle voit le problème comme une entité séparée des personnes et assume le fait que les personnes aient beaucoup d’habilités, de compétences, de convictions, de valeurs, de compromis et de convictions qui les assisteront au moment de réduire l’influence négative du problème au sein de leur vie.

Initiée depuis plus de 30 ans par Michael White, et bien que largement diffusée dans le monde anglophone, cette approche n’en est qu’à ses balbutiements dans l’univers francophone.

Si le concept d’approche narrative à prime abord est associé aux concepts de contes, de métaphores ou de récits, au second regard, on peut aisément considérer que tout être humain « raconte des histoires » sur sa vie et sur le monde qui l’entoure. En effet, chaque humain sélectionne des événements, les interprète, leur donne un sens, et relie ceux-ci pour tenter d’en faire une histoire cohérente. Bref, l’être humain structure sa vie sous un mode narratif, et les histoires ainsi élaborées acquièrent un caractère de vérité, parfois même un caractère de vérité définitive et permanente.

Dans l’histoire bloquée sur le problème, c’est comme s’il avait de l’influence sur la personne, la famille. Les relations ou encore la famille exerce une influence sur la vie du problème.

L’approche narrative fait la distinction entre le problème et la personne. Elle considère que chacun possède des talents, des compétences, des croyances, des valeurs, des engagements et des aptitudes susceptibles de l’aider à réduire l’influence des problèmes dans sa vie et même de l’en dégager.

Selon Michael White quand la personne a un problème, et qu’il envahit tout, elle est dans une dimension traumatique. Alors l’externalisation de celui-ci permet de prendre du recul sur l’espace du problème. Puis nous cherchons la manière dont la personne résiste parfois à l’histoire dominante ou au problème.

Ensuite la solution est de faire émerger des moments d’exception qui sont présents même s’ils sont imperceptibles pour la personne. Alors elle expérimente des événements, des intentions, des pensées, des sensations autres que celles de l‘histoire dominante et problématique.

Il est véridique que notre vie soit comme elle est, mais nous pouvons tout le temps la repenser autrement. Dans le fond, chaque personne peut réécrire son histoire comme elle le souhaite (García Martínez, 2012). Il existe trois dimensions au sujet de la matrice narrative qui permettent une narration cohérente, complexe et multiple (Gonçalves, 2002) :

Structure narrative : construction du sens de nos propres expériences grâce à un processus de connexions par le biais des différents épisodes narratifs de nos vies. La structure est constituée de :

  • Un début, qui est le point de départ de notre histoire. Nous pouvons prendre l’exemple d’une personne qui vient en consultation pour la première fois et signale qu’elle ne sait pas par où commencer. Une des réponses du thérapeute pourrait être « Par le début » ou « Par le moment qui soit pour vous le plus facile pour commencer à expliquer votre histoire » (ce moment sera le début).
  • Un développement de l’histoire. Il inclut les événements concrets, les réponses internes, les objectifs des protagonistes, les actions qui se transforment, la cause et l’effet, et enfin, le contexte.
  • Un final, qui se prend en compte lorsque le thérapeute obtient des résultats déterminés et/ou la fin du récit.

Processus narratif : il est en relation avec la façon d’expliquer nos vies, c’est-à-dire le ton que nous employons (par exemple, d’engagement dramatique).

Contenu narratif : il se réfère à la diversité et multiplicité de la production narrative, les thèmes ou trames que nous évoquons, en tombant parfois sur le « disque rayé » ou le refoulement de vieux thèmes non solutionnés.

Dans « Narratives Means to Therapeutic Ends » publié en 1990, Michael White et David Epston décrivent les objectifs de la thérapie narrative avec les principes suivants 
a) la personne décrit le problème (son scénario dominant),
b) elle est encouragé à adopter des perspectives alternatives à travers la déconstruction des récits actuels,
c) le thérapeute aide la personne à créer des récits plus utiles et plus satisfaisants.   

Ressources pour se connaître soi-même :

  • Histoires de vie : ce sont des récits destinés à donner un sens ou à justifier une certaine vision des événements.
  • Petit parcours sur soi-même : il s’agit d’imaginer et d’écrire une lettre à une personne avec qui nous n’avons pas communiqué depuis longtemps.
  • Dix ans après : on effectue une description d’une projection de soi-même dix années plus tard physiquement, intérieurement, dans le travail, les relations et les passions.
  • Préférences : penser et écrire nos préférences, pour nous réaffirmer et nous accorder le plaisir d’exprimer notre liberté par des choix qui nous sont propres.
  • Espaces : diviser un quadrillage en différents espaces dédiés à chaque personne importante dans votre vie, les lieux les plus importants, les événements les plus joyeux, les sensations les plus agréables, les rêves les plus beaux et les amours qui vous ont rendu mature ou vous ont fait grandir.
  • Je me rappelle de… : la personne doit terminer cette phrase sans trop penser à la réponse. La phrase incomplète peut être réutilisée sans limite dans la mesure où elle permet d’explorer et de travailler.
  • Aimer le mystère : il s’agit de chercher en notre intérieur ces questions qui restent sans réponse.