Accompagnement spirituel et/ou aide psychologique ?

Il se fait sentir de nos jours en Occident un besoin puissant d’une psychologie spirituelle qui ne soit basée ni sur une dogmatique ni sur le pathologique. 

Cet intérêt pour l’expérience spirituelle sous ses formes les plus diverses n’est pas un mouvement orchestré par une autorité centrale, c’est un mouvement populaire. Aux États-Unis, 25 % des best-sellers ont un sujet relié à la spiritualité. La psychiatrie, bien obligée, se met même à suivre. Après avoir longtemps considéré la religion comme le grand ennemi – sans doute parce que grand concurrent pour donner une explication autorisée de l’esprit -, elle a intégré dans sa récente classification (sous la rubrique Z du DSM IV) les problèmes psychologiques liés à une crise religieuse ou spirituelle et sans trouble mental associé, ainsi que, comme diagnostic différentiel, les problèmes religieux ou spirituels qui ne donnent lieu à aucun trouble psychologique quel qu’il soit. Carl Gustav Jung ou R. Assagioli, psychologues occidental, étaient en avance d’un demi-siècle sur leur époque montrant comment la psychologie et la spiritualité pouvaient s’enrichir l’une de l’autre et nous guider vers l’éveil à une conscience plus haute que notre petit moi limité et vers la réalisation de soi.

Comme nous l’explique le docteur Jacques Vigne , il n’est pas inutile, quand on parle de spiritualité et de santé, de rappeler que les mots médecine et méditation ont la même racine med qui signifie s’occuper de. La méditation cherche à éveiller le bonheur intérieur ; si ce bonheur manque, la maladie se développe plus facilement. Par exemple, on a cherché à comprendre pourquoi il y avait tant de maladies et de décès dans l’année qui suivait la mise en retraite. On a retrouvé, chez ces sujets qui avaient une tendance à l’auto- dépréciation et à la tristesse du fait de leur cessation d’activité, une baisse des immunoglobulines E. marquant une baisse des défenses immunitaires. Sachant cela, on comprend mieux qu’une méditation qui dissipe la tristesse puisse agir comme un véritable médicament. Dans le yoga et la médecine ayurvédique, cette forme d’immunité s’appelle ojhas; elle est développée par la méditation, à condition que celle-ci soit accompagnée d’une vie équilibrée, d’un comportement juste: ce dernier a une telle importance dans la pensée indienne sur la santé qu’on le nomme “le médicament du comportement” (achara-rasayana).

Mais comment retrouver le lien entre le psychisme et le spirituel ?

En quoi le travail de psychothérapie qui, la plupart du temps, conduit au renforcement du Moi et le cheminement spirituel conduisant à l’expérience du Soi se rencontrent-ils ?  Le travail psychothérapeutique doit conduire la personne dans les profondeurs de son âme afin de lui permettre d’ouvrir le dialogue avec son inconscient.

La fonction symbolique correspond à la capacité du sujet à accéder à sa conscience individuelle, à développer son aptitude à devenir lui-même, c’est-à-dire à découvrir sa vérité de personne tout en étant relié au monde par l’ouverture d’une conscience collective faisant se rejoindre le monde intérieur et le monde extérieur. C’est là que le psychologique rejoint le spirituel et que l’homme en tant que corps/âme/Esprit fait l’expérience de sa totalité. Tout comme la voie psychothérapeutique, la voie spirituelle regroupe un ensemble d’actions et de pratiques visant à comprendre la souffrance humaine et à cheminer vers la connaissance de soi, afin de s’ouvrir à une conscience plus large. Contrairement à certaines psychothérapies visant le renforcement du moi, la voie spirituelle est essentiellement centrée sur la compréhension que le moi n’est qu’un ensemble de constructions sociales auxquelles l’individu s’identifie, qui le font souffrir et dont il doit se dés-identifier pour accéder à une réalité plus haute.

Dans la mesure où la vie spirituelle est un parcours, l’accompagnateur doit avoir une expérience de ce qu’est un itinéraire spirituel avec ce que cela comporte de pièges. Car le champ de l’intériorité est par excellence le domaine où peuvent fleurir les illusions. On sait, par exemple, que chaque vertu peut avoir son double qui n’est en rien vertueux. Ainsi on est parfois obéissant par peur des initiatives et on peut demeurer passif parce que l’on reste marqué par la force des figures parentales. Il existe des pseudo chastetés qui cachent une peur de la sexualité. Et le sens de la responsabilité peut parfois exprimer une réelle volonté de puissance etc…

L’importance du corps en lien avec l’esprit est maintenant largement reconnue par le grand public et les psychothérapeutes inspirés par la psychologie humaniste et transpersonnelle. Les techniques basées sur la relaxation, l’hypnose, la sophrologie donnent également une place centrale au corps. Dans la Tradition aussi, le corps est décrit comme ” le temple de Dieu ” pour les chrétiens, et en Inde on parle de la chance d’avoir une naissance humaine pour cette vie au lieu d’être né dans un corps animal ; cette chance doit être utilisée pour travailler dans le sens de Moksha, la Libération.

La discipline corporelle, à travers des postures et un travail sur le souffle, conduit à la stabilisation du corps et du mental. C’est en travaillant sur le corps, à travers les postures, que la personne apprend à diriger et contrôler le souffle. Cette maîtrise de la respiration permet un meilleur contrôle du système nerveux autonome et de l’activité mentale. Associées à ces pratiques physiques, les disciplines spirituelles recommandent des pratiques éthiques, comme le développement de la non-violence, de la vérité, l’honnêteté, l’étude, le détachement, l’hygiène physique et psychique… Par une pratique rigoureuse et régulière, la personne commence à s’intérioriser et parvient à déconnecter son mental des stimulus extérieurs et à contrôler ses organes des sens. Par cette intériorisation et le dégagement des perceptions extérieures, celui qui chemine dans la voie spirituelle développe des facultés d’attention, d’écoute, qui le conduiront vers un état où l’être est unifié.

 

En quoi consiste un accompagnement spirituel ?

Tant que nous fonctionnons de façon automatique en remplissant nos tâches les unes après les autres, nous ne laissons pas une véritable place à la spiritualité. La spiritualité apparaît dans notre vie dès que nous commençons à porter attention à nos insatisfactions et aspirations, à nos sentiments et sensations, et que nous nous demandons quel est véritablement le sens de notre vie. Pourquoi dois-je affronter des contrariétés? Pourquoi toutes ces difficultés à traverser? Lorsque l’on replace la question du sens dans notre existence.  

Un accompagnement peut prendre une multitude de formes. Mais généralement il est à votre disposition pour débloquer une situation néfaste dans votre vie, une situation qui bloque votre cheminement. Il peut s’appliquer à toutes les sphères de votre vie. Il n’y a aucunes gêne et tabou à avoir. Je suis ici pour être à votre écoute et déceler les points de blocages à transformer, voire transmuter. Après, je vous indique les démarches mentales et psychologiques à suivre pour vous libérer au mieux et au plus vite. Je tiens aussi à vous mettre en garde qu’une telle démarche demande que vous vous impliquiez à 100 % dans le processus de guérison et de libération. Je suis là pour vous aider à vous aider.

 Il me paraît également essentiel de souligner que la voie spirituelle, si elle consiste en un travail de connaissance de soi à partir de ce qui est conscient et relié vers l’extérieur, le corps, pour parvenir à une intériorisation et à l’exploration de l’inconscient, elle est aussi un processus énergétique interne, une transformation de l’énergie physique (le corps) et psychique (l’âme ou la psyché) ouvrant à l’énergie spirituelle (l’esprit). La voie spirituelle est fondamentalement trinitaire et ouvre à une dimension transcendante. Elle est l’union de l’âme individuelle à la conscience universelle. Mais bien souvent, le travail psycho thérapeutique se limite à certaines compréhensions intellectuelles et rationnelles empêchant tout accès à l’expérience intérieure traversant le corps et pouvant ouvrir progressivement à l’expérience spirituelle.

 

Obstacles psychiques bloquant l’ouverture spirituelle :

– Rigidité psychique et corporelle relative à l’éducation, aux conditionnements et aux blocages émotionnelles,

– Prédominance dans le psychisme de la pensée intellectuelle et rationnelle,

– Résistance à lâcher le monde du paraître pour celui de l’être,

– Le sens de la vie uniquement axé sur la recherche du plaisir et de l’accumulation matérielle,

– Peur de changer et de devenir différent des autres, peur de leur jugement et d’être rejeté,

– Manque de concentration, d’écoute et d’attention,

– Manque d’introspection, de retour à soi,

– Peur d’une confrontation avec l’inconscient,

– Angoisse de la confrontation avec le vide qui nous met face à nous-mêmes,

– Manque d’ouverture à la pensée symbolique, mythique, poétique,

– Manque de contact, de communication et d’écoute de la nature,

Remarque sur notre rapport à la souffrance : 

La souffrance n’est pas vue comme entièrement négative: de même que le feu peut occasionner des brûlures, le couteau blesser, mais que les deux sont quand même utiles à qui sait s’en servir, de même la souffrance sert à nous éveiller chaque fois que nous acceptons d’écouter son message. Sortir de la souffrance a toujours été une motivation pour entrer dans une voie spirituelle ; au début, on cherche à remédier à la souffrance physique, puis on s’aperçoit du rôle du psychisme dans l’origine ou l’aggravation de celle-ci et on entame un travail intérieur. Par la méditation et les autres pratiques psychocorporelles, on développe déjà une claire sensation de son corps. La claire vision intérieure (Vipassana) du corps et des sensations qui y naissent, s’y développent et y meurent aide à accroître la lucidité à l’état de veille.

De même que la fleur a son rythme, s’ouvre et se ferme, de même que le corps a son rythme, s’endort et se réveille, de même le psychisme a son rythme aussi; naturellement, il alterne les phases d’intériorisation et d’extériorisation. Dans les dépressions dues à des conflits intra-psychiques, on peut considérer que le sujet est mal et insuffisamment intériorisé. Il n’arrive pas à rejoindre les zones profondes de son être en descendant en dessous des tempêtes de surface. Il doute même que ces zones existent : c’est sa maladie. La société et souvent la famille demandent à l’individu de fonctionner constamment dans le réel extérieur; cependant, comme le disait Bachelard, ” Un être privé de la fonction de l’irréel (en d’autres termes le réel intérieur) est aussi névrosé qu’un être privé de la fonction du réel “.

Attention : ceci n’est pas une voie spirituelle mais une démarche qui prends en compte VOTRE dimension spirituelle.