La peur de passer à côté de sa vie
Vous est‑il déjà arrivé de regarder les réseaux sociaux et d’avoir l’impression que les autres vivent toujours quelque chose de plus intéressant que vous ?
Une soirée à laquelle vous n’êtes pas allé…
Un voyage que d’autres semblent vivre…
Un événement dont tout le monde parle…
Petit à petit peut apparaître une sensation désagréable : celle de rater quelque chose d’important. Ce phénomène porte aujourd’hui un nom : le FOMO, pour Fear Of Missing Out, que l’on peut traduire par la peur de passer à côté de quelque chose.
Un phénomène amplifié par les réseaux sociaux
Les réseaux sociaux ont profondément modifié notre manière de percevoir la vie des autres. Chaque jour, nous sommes exposés à des images de voyages, de soirées, de réussites professionnelles ou de moments heureux. Mais ces images ne montrent qu’une partie de la réalité : les moments les plus valorisants.
En voyant défiler ces images, certaines personnes peuvent avoir le sentiment que les autres vivent davantage, sortent plus, réussissent mieux.
Cette comparaison permanente peut entraîner :
- un sentiment d’exclusion
- de la frustration ou de la jalousie
- une impression de ne jamais en faire assez
- une baisse de l’estime de soi
Progressivement, le regard porté sur sa propre vie peut devenir plus critique.
L’impression de toujours devoir être ailleurs
Le FOMO peut aussi donner l’impression que l’endroit où l’on se trouve n’est jamais le bon. On consulte régulièrement son téléphone pour vérifier ce qui se passe ailleurs : un message, une notification, une publication… Cette hyper‑connexion entretient l’idée que quelque chose de plus intéressant pourrait se dérouler ailleurs, au même moment.
Au lieu de profiter de l’instant présent, l’esprit reste tourné vers ce que l’on pourrait manquer.
Quand la peur de manquer devient une source d’anxiété
Il est normal de ressentir parfois l’impression d’avoir raté un événement ou une occasion.
Mais lorsque cette peur devient constante, elle peut créer un sentiment d’insatisfaction permanent.
Certaines personnes ressentent alors :
- une anxiété lorsqu’elles ne peuvent pas consulter leur téléphone
- une difficulté à se déconnecter des réseaux sociaux
- une impression de solitude ou d’exclusion
- la sensation que leur vie est moins intéressante que celle des autres
Cette tension intérieure peut progressivement affecter le bien‑être et l’estime de soi.
La nomophobie : l’angoisse d’être sans téléphone
Dans certains cas, cette inquiétude s’accompagne d’une autre difficulté appelée la nomophobie. Ce terme désigne la peur de se retrouver sans téléphone portable ou sans accès aux réseaux.
Le smartphone devient alors un moyen de rester constamment informé : ce que font les autres, ce qui se passe autour de soi, les nouvelles notifications. Lorsque le téléphone n’est plus accessible (batterie vide, absence de réseau), certaines personnes peuvent ressentir une véritable inquiétude.
Retrouver un rapport plus serein à soi et aux autres
Derrière le FOMO se cache souvent une question plus profonde : la place que l’on occupe dans sa propre vie et dans le regard des autres. Lorsque l’on se compare constamment, il devient difficile de reconnaître la valeur de ce que l’on vit.
La psychothérapie peut aider à :
- comprendre ce qui nourrit ce sentiment de manquer quelque chose
- apaiser la comparaison avec les autres
- retrouver confiance dans ses propres choix
- apprendre à vivre davantage le moment présent
Retrouver une relation plus apaisée avec soi‑même permet souvent de découvrir que l’essentiel n’est pas de vivre toutes les expériences possibles, mais de pouvoir habiter pleinement celles qui nous correspondent.
sources :
– Theodor Schaarschmidt, L’angoisse de l’occasion manquée, revue Cerveau et Psycho
– La nomophobie. Institut Pi/Psy. pi-psy.org. Consulté le 22 février 2023.
– Nomophobie. La revue européenne des médias et du numérique. la-rem.eu. Consulté le 22 février 2023.
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